La mémoire - Chasse aux neuromythes
Hier soir, dans le cadre du D.U. de Neuroéducation Université Paris Cité, nous avons eu la chance de suivre l’exposé de Jean Luc Berthier :
« Mémoire et mémorisation dans l’apprentissage ». Une odyssée de deux heures dans « une »mémoire bien plus complexe qu’on ne le croit, et une nouvelle session de chasse aux neuromythes.
👉 Décryptage à partir des travaux Gregoire Borst, Steve Masson et Francis Eustache , de quelques uns de ces neuromythes qui circulent encore largement :
⚓ Compréhension = mémorisation
❌ Comprendre ne suffit pas.
✅ La compréhension facilite l’encodage, mais c’est la répétition et la consolidation qui fixent vraiment l’information en mémoire.
⚓ La mémoire est un muscle
❌ On ne peut pas “muscler” sa mémoire comme on ferait des abdos.
✅ On peut entraîner certaines stratégies (rappel, catégorisation, récupération active) qui optimisent le fonctionnement des réseaux neuronaux.
⚓ Bonne ou mauvaise mémoire
❌ Il n’existe pas une “mémoire” unique.
✅ Nous avons des dizaines de systèmes : mémoire de travail, mémoire procédurale, mémoire autobiographique, mémoire sémantique… Chacun avec ses forces et ses fragilités.
⚓ Relire suffit pour retenir
❌ La relecture passive est inefficace.
✅ Le cerveau apprend mieux par questionnement, test, explication à autrui → bref, par un apprentissage actif.
⚓ On oublie seulement avec le temps
❌ On n’oublie pas uniquement parce ce qu’on vieillit.
✅ La courbe de l’oubli d’Ebbinghaus montre que l’oubli est rapide dès les premières heures, puis se stabilise. D’où l’importance de revoir régulièrement.
⚓ La mémoire est fiable
❌ Nos souvenirs ne sont pas des archives fidèles.
✅ Ils sont reconstruits en permanence. Francis Eustache le souligne : nous sommes tous de fabuleux romanciers de notre passé.
⚓ Il existe une mémoire photographique infaillible
❌ Très rare (et pas si parfaite).
✅ Même les personnes à “mémoire eidétique” reconstruisent et oublient.
⚓ Dormir est une perte de temps pour apprendre
❌ Non : le sommeil n’efface pas, il consolide.
✅ Les phases de sommeil profond et paradoxal rejouent les apprentissages et renforcent la mémoire.
⚓ Plus on révise longtemps d’un seul bloc, mieux on retient
❌ Le bachotage intensif n’est pas efficace.
✅ Le spaced learning (répétition espacée) permet une consolidation durable.
🎓 Moralité : La mémoire n’est pas une bibliothèque qu’on consulte à volonté, mais un processus dynamique, plastique et parfois capricieux.
👉 Et vous, quels sont les neuromythes sur la mémoire que vous avez déjà croisés dans votre parcours d’élève, de parent, d’enseignant ou de professionnel ?
Partagez vos expériences en commentaire ⬇️, elles nourriront le débat et aideront à faire reculer les idées reçues.